Mémoires d’un escargot
7.5
Mémoires d’un escargot

Long-métrage d'animation de Adam Elliot (2024)

Oeuvre sinistre mais sincère

Le stop motion, dans toute sa minutie, se révèle avec ion. Les visuels, violents, cruels et grossiers dans ses traits, ne l’est que pour mieux souligner la beauté déchirante des imperfections de l'humanité des personnages.

Sous cette rudesse se cache une tendresse indicible, une invitation à embrasser la douleur du changement et les sacrifices nécessaires pour avancer. Le récit, porté par un rythme volontairement lent, presque contemplatif, développe l’histoire poignante de jumeaux séparés, deux âmes qui se soutenaient comme les deux moitiés d’un même souffle.

Dans cet univers, les symboles et clés d'interprétations se font légion. Cependant, la scène d’ouverture désamorce certaines attentes, et cause l'anticipation de la ligne narrative.

Drôle et triste à la fois, ce récit parle du deuil et du renouveau avec une finesse rare. Sous la lenteur apparente, le film résonne comme une ode à l’acceptation : celle de la perte, celle de l’imperfection, celle d’un futur incertain, mais nécessaire. Une œuvre sinistre dans son cadre, mais lumineuse par sa sincérité, où la comédie, douce et discrète, souligne les lueurs d’humanité qui subsistent dans les ténèbres.

7
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le 27 nov. 2024

Modifiée

le 28 nov. 2024

Critique lue 592 fois

16 j'aime

cadreum

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